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A mes Amis Adama GAYE et Cheikh Tidiane DIEYE

Posté par: Elimane H. KANE| Samedi 20 juillet, 2013 19:13  | Consulté 961 fois  |  0 Réactions  |   

Je salue votre  initiative qui m’inspire quelques remarques de forme et de démarche.

Le fond réaffirme le malaise vécu depuis la clôture des assises nationales sur l'absence de débat constructif dans ce pays. Je partage les éléments de diagnostic et constate que plusieurs scénarii d'action concrète tentent d'être expérimentés par différentes initiatives à fédérer en une « seule Voie » (Edgar Morin).

C'est là notre grande difficulté. Comment gérer l'intelligence collective pour enfin travailler ensemble. Vous dites ' Et si on se parlait en fin '. Comment donc éviter les chapelles personnelles pour être ensemble. Comment vaincre en nous cette faculté à ne s'engager que dans ce que nous dirigeons. Au Sénégal, même dans la circulation, personne ne veut suivre l'autre ! Cette faculté à ne pas accepter de travailler avec ceux qui sont différents de nous, à isoler les autres sans savoir qu'on s'isole en même temps, croyant qu'on a raison sur les autres parce que plus 'intelligent', plus "diplômé", ....pendant ce temps les "moins outillés" nous gèrent et nous maintiennent dans notre condition d'éternels indignés!

Alors que le temps n'est plus à l’indignation, mais à l'engagement permanent et collectif. Oui, apprivoisons le leadership collectif. Que chacun s’exprime car chacun doit revendiquer son droit de gouverner. Mais nous devons nous entendre sur l’essentiel : quel type de société voulons- nous pour réussir notre commun vouloir de vivre ensemble ? Nous éviterons alors de juger le lutteur, le musicien, le danseur, mais nous essayerons de comprendre pourquoi ce système LMD (lutte, musique, danse) triomphe et que chacun fait ce qu’il fait sans penser à l’autre, ni au type de société qui peut en découler. La base du vivre ensemble c’est seulement d’éviter de gêner l’autre ! On fait le monde avec du tout, mais on peut décider ensemble du monde que nous voulons faire.

J’avoue que votre signature qui laisse percevoir des accointances corporatistes ne nous change pas de cette perspective. Aujourd’hui le jeune africain a moins besoin de modèles  préfabriqués à l’occidental que de vraies sources d’inspiration. Celles-ci  doivent moins exhiber une différence construite à partir de l’ailleurs que des trajectoires crédibles faites de références  endogènes. Vous connaissant, je sais que vous êtes loin de ce cliché, mais vous vous présentez à l’opinion et celle-ci fonctionne sur la base de la perception. Adama et Cheikh sont connus et respectés par la pertinence de leurs idées, le courage de leur prise de position et non parce qu’ils viennent de la même école. La phrase helvétique est, en mon sens, de trop !

Se parler enfin, nécessite que l’on s’écoute enfin, mais que l’on s’écoute tous sans apriori exclusif. Que l’on cherche le filon fédérateur au lieu d’opposer des îlots d’intérêts. Il n’y a que ceux qui n’ont pas d’intérêts particuliers à préserver ou sont d’une éthique irréprochable qui sont capables d’une telle hauteur de vue !

Il nous faut transformer et dans  la loi de la   transformation rien ne se perd, rien ne se crée, tout évolue. Mais la Transformation n’exclue personne, elle donne sa chance à chaque élément de se métamorphoser. Par la rédemption possible, l’élément sénégalais peut toujours se retrouver à partir de ses erreurs avoués. Il n’y a pas un  camp pour les bons et un camp pour les mauvais. Il ya le camp de ceux qui sont conscients et le cas de ce qui ne le sont pas encore, qu’ils soient aux affaires, où dans la masse des laissés pour compte.

Commençons par nous écouter et nous pourrons ainsi mieux nous parler. Nous parler utilement pour nous retrouver ensemble et construire notre destin.

En clôturant les travaux des assises nationales, le 24 Mai 2009, Amadou Mahtar Mbow, resté fédérateur jusqu’au bout nous avait gratifié de sa sagesse : «  notre destin n’est inscrit dans aucune fatalité. C’est à nous qu’il appartient de le forger pour nous-mêmes, et par nous-mêmes, et pour l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants.  Mais l’avenir on le fait, et on le fait dès maintenant, en commençant d’abord par résoudre les problèmes d’aujourd’hui et en menant  des actions pouvant influencer positivement l’évolution ultérieure ».

Il ne suffit pas de dire «  le pays est bloqué ». Disons –nous la vérité en face sur ce qui ne va pas et essayons objectivement de situer les responsabilités et de nous mobiliser tous pour nous relever de notre angoisse existentielle. Mais pour animer une telle démarche il faut des sénégalais qui ont déjà la conscience permanente de l’engagement citoyen, mais surtout humbles et patients!

Je suis partant pour qu’on s’écoute, ensuite qu’on se parle et surtout qu’on s’entende pour agir tous ensemble ! Tous ensemble, pour que nous puissions mériter le Sénégal que nous voulons!

Maintenant, Que faire ?

 

 L'auteur  Elimane H. KANE
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Elimane H. KANE
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